Cher(e)s ami(e)s,
Pour commencer une pensée pour MOUSSA MARA toujours emprisonné, rappelant le côté « invivable » des prisons maliennes, que les européens peuvent encore mieux imaginer après leur vague inédite de chaleur!
Nous reproduisons comme régulièrement une de ses nombreuses tribunes avec lesquelles il a nourri le débat démocratique. Celle d’aujourd’hui porte sur un exemple de transition réussie, celui du Bangladesh…
Nous n’oublions pas par ailleurs Clément DEMBELE et Mohamed BAZOUM ainsi que le nombre croissant de tous ceux qui ont été arrêtés récemment ou disparaissent pour des raisons politiques.
Malheureusement beaucoup d’inquiétudes sont aujourd’hui légitimes sur un nombre croissant de pays de la région:
A – SÉNÉGAL: UN ETAT D’APESANTEUR INQUIÉTANT…
Rivalité entre les deux têtes de l’Etat :
Le Président Diomaye FAYE a peut être l’air plus faible qu’ Ousmane SONKO, mais il a des leviers puissants qui tiennent à la fonction, ce qui entraîne un climat très incertain…Il peut notamment dissoudre en octobre l’Assemblée nationale et la coupler avec les élections locale.
Ousmane SONKO veut gouverner le pays à travers l’Assemblée nationale qui lui permettrait d’initier les lois, il est cependant gêné aux entournures et son élection de député au forceps est juridiquement sévèrement mise en cause par la cheffe de l’opposition, Aïssata Tall SALL.
Le ton monte entre les deux, diversement apprécié par les sénégalais. Il semble quand même que le côté affabulateur de SONKO risquerait de mener à la catastrophe et de détruire la démocratie, dont on a vraiment besoin pour avancer:
En effet Sonko, avec un bilan qui dépasse 2 ans, n’est plus un opposant or il continue sur le registre de la rhétorique populiste caractérisée par la désignation de l’adversaire, la victimisation et l’appel au peuple. Il ne peut plus se présenter comme extérieur au pouvoir car Il a occupé les plus hautes fonctions de l’État et son parti contrôlait l’Assemblée nationale ainsi qu’une large partie de l’appareil gouvernemental…
Or on constate aujourd’hui beaucoup de difficultés économiques avec tension sociale, inquiétude du secteur privé, fermeture d’entreprises, d’interrogations sur les libertés publiques, de défis de l’éducation, de l’agriculture etc.
Tout cela impliquerait d’en faire le bilan, mais sa stratégie c’est de déplacer le débat vers le niveau du récit politique avec comme message implicite: je ne suis responsable de rien, je suis l’allié du peuple contre le système… Or il n’est pas un observateur extérieur, mais l’un des principaux architectes des grandes orientations gouvernementales qui ont été définies sous son autorité, et les principaux responsables, politiques et administratifs, choisis par son camp politique.
Au-delà du Bilan, existe une autre exigence démocratique : rendre des comptes de l’action et aussi des déclarations de patrimoine des personnalités… Tout cela révèle une tendance : celle de la personnalisation croissante de la vie politique. Le chef devient le centre de gravité, une figure providentielle … d’où la nécessité du bilan!
Un climat de suspicion:
On est rentré dans un phénomène de polarisation et de bicéphalisme. Il y a vraiment deux camps. Les gens sont devenus déraisonnables…
Cette période est fragile pour l’Etat. Sociologiquement, il y a comme un traumatisme et des gens en profitent pour faire des manipulations, ce qui fait très peur car les jeunes fonctionnent à l’émotivité.
Or, on a à faire aujourd’hui à des assoiffés du pouvoir, des illuminés qui savent enflammer les jeunes qui ne sont pas au fait des enjeux de plus en plus complexes! Le problème c’est sont surtout les 17/ 18 ans : une catastrophe, ils n’ont pas fait d’études et Ils font peur car ils sont facilement manipulables.
Il y a certes une armée républicaine mais on a politisé l’armée et la police, autrefois totalement neutres, en leur donnant le droit de vote, ce qui a été utilisé sous le Président Wade comme moyen d’avoir le pouvoir.
On manque d’analyse qualitatives .
Il faudrait sortir de notre zone de confort pour les élections. Les mots référentiels sont usées. Il faudrait repenser « out of the box »: Pourquoi des élections ? Est-ce qu’on peut penser différemment les élections et comment choisir les dirigeants!??
Or il n’y a plus d’intellectuels dans ce pays. Il y a trop d’émotivitéi ! On a pas d’anticipation sur les événements… Il y a une nostalgie d’un Sénégal qui a l’époque était considéré comme le premier pays de la pensée et de la culture et qui est aujourd’hui dans les derniers de la classe…
Réflexion sur le leadership :
Compte-tenu des interdépendances il est de plus en plus évident que pour une bonne gestion, il faut avoir un Président d’expérience, bien préparé avec une accumulation de connaissances, une expérience et un vécu dans la pratique de la gestion de l’État. (Un peu comme au Bénin avec Romuald) ;
Ce qui est déterminant c’est que les entrepreneurs, la société civile et l’élite soient avec le Président. Car l’important c’est d’avoir quelqu’un qui puisse gérer cette complexité et qui a compris que «l’interdépendance » est une nécessité .
Crise de la dette
La dette « cachée » existe effectivement. Le choix d’eurobonds qui sont assez spécifiques est discutable: on paye les intérêts mais on ne rembourse pas le capital immédiatement. Donc la base ne baisse pas, ce qui amène à rembourser pratiquement trois fois à la dette.
Les pays qui ont choisi cette formule pensaient qu’ils auraient plus rapidement le pétrole…Macky avait besoin d’argent pour terminer ses chantiers et on a sans doute fait des évaluations par des moyens assez « approximatifs » (Le fonctionnement de l’Etat a nécessairement été « déverrouillé » parce que, dans le fonctionnement normal de l’État, cette procédure aurait été impossible…)
Le déficit budgétaire a effectivement doublé et bien qu’on ait renoué avec le FMI, ce qui est un signal positif, cela ne règle pas le problème. On est loin d’être sorti de cette crise: on est en plein attentisme!
B- BURKINA FASO: L’IMPASSE S’ETEND AUX MILIEUX QUI GOUVERNENT…
Après l’arrestation récente d’un grand Imam, on assiste maintenant à un véritable risque d’affrontement entre le Capitaine TRAORE et le numéro deux du régime, Iabre OUMARO, chef des renseignements: il y a eu perquisition chez lui et depuis il n’est plus apparu. Il n’y a plus de communication entre eux ! Personne ne sait ce qui s’est passé. Simplement probablement le fait que le pouvoir ne se partage pas…
Est venue s’ajouter, à un moment ou la Communauté internationale commence à prendre conscience de la gravité de la situation du Sahel central, la rupture diplomatique des relations entre le Burkina Faso et la France,
Il s’agit d’une décision égoïste, déclenchée au départ par le Burkina, qui pénalise l’ensemble des citoyens et génère une forte montée de rancœur : Toutes les nombreuses O.N.G. et sociétés dont le financement est assuré par la France s’ arrêtent, ce qui crée énormément de problèmes à une grande partie de la population, y compris aux hommes d’affaires car tous les voyages ont été annulés et la distribution de visas suspendue…
C- MALI: LE STRESS DE LA POPULATION EN FORTE AUGMENTATION
A Bamako tout se rétrécit comme peau de chagrin. On stresse énormément : Le prix du kilo de viande est passé de 2400 à 5000 CFA, alors que la population s’est considérablement appauvrie! Même les médicaments commencent à manquer… Il n’y a plus aujourd’hui qu’une seule compagnie qui desserve Bamako, la RAM.
Les autorités détruisent les forêts et coupent les arbres pour éviter que les rebelles s’y cachent, ce qui va forcément aussi influencer le climat, ils viennent de détruire 1 km de forêt classée autour de Bamako. .
Tout le monde a peur de communiquer. L’émission « Allo- Kledu » où la parole était donnée au public vient d’être interdite, on ne sait plus rien sur les réalités..
La Rue étant à un moment de paupérisation absolue, c’est la faim qui risque de la pousser à sortir ainsi que l’exaspération face à un discours officiel qui reste lénifiant: « On a construit des hôpitaux, on a créé 300 000 emplois, etc.»
D- LE CAMEROUN SUSPENDU A LA SANTÉ DE PAUL BIYA
Les nouvelles de l’Etat de santé du Président ne semblent pas bonnes. Quels scénarios prévisibles en cas de décès? Peu de nouvelles sur les solutions politiques envisageables qui doivent agiter les esprits en ce moment…
C’est le moment de faire un rappel sur une vision du développement particulièrement crédible à la hauteur du grand potentiel du pays (applicable à d’autres pays africains) et qui pourrait servir de Plan à la future nouvelle équipe, quelle quelle soit: Il s’agit du Plan du Pr Octave JOKING NGUENA dont je vous invite à (ré) écouter sa présentation dans son intégralité et surtout sa cohérence globale ( qui est souvent le problème) :
E–VIE DU GROUPE GIAF
– RHAMANE Idrissa dans sa « GAZETTE PERPENDICULAIRE » , poursuit sa profonde analyse historico- sociologique du continent, en l’occurence aujourd’hui du « côté démoniaque que prend l’Histoire de certains pays et cela plus que de raison, en Afrique…» .
– Paul DERREUMAUX, nous partage QUATRE REGARDS D’AFRIQUE, particulièrement pertinents sur:
1–« Pourquoi la France avait intérêt à ce que son nouveau Sommet Afrique France se déroule au Kenya »?
Nairobi est véritablement une capitale de l’Afrique, qui gagne! Le Kenya cumule un certain nombre de points forts
: Un système bancaire diversifié , un accès à l’énergie électrique très élevé, des Entreprises modernes et performantes dans beaucoup de secteurs et surtout une organisation régionale dynamique, l’EAC ( 350 millions d’habitants dont 57 millions pour le seul Kenya).! Pour accéder, cliquez sur ce lien
Regard d’Afrique
2-, « Quel impact la guerre du Moyen-Orient a sur l’Afrique ?»
Des effets positifs, notamment sur la hausse des recettes des produits pétroliers et gaziers, mais également des effets négatifs sur le prix des produits importés et des conséquences sur le financement et les ralentissements de croissance…Pour accéder, cliquez sur ce lien
Regard d’Afrique
3- « Banques de l’UEMOA, un ciel sans nuages? »
Elles ont eu de bons résultats en général, surtout en Côte d’Ivoire, mais elles devront faire des mutations pour pouvoir participer à des opérations plus importantes …Pour accéder, cliquez sur ce lien
Regard d’Afrique
4–« ÉNERGIES RENOUVELABLES en Afrique subsaharienne »
Partie 1 : une mutation bien engagée mais disparate. Pour accéder, cliquez sur ce lien
Regard d’Afrique
-Christian BOUQUET présente une intéressante CARTOGRAPHIE DES DERNIÈRES ÉLECTIONS AU BÉNIN du 12 avril 2026:
On retiendra notamment de cette consultation que le président sortant, Patrice TALON, a respecté la Constitution en ne briguant pas de 3ème mandat., que le parti des Démocrates, considéré comme l’opposition classique, n’a pas été en mesure de présenter un candidat faute d’avoir pu rassembler le nombre de parrainages requis et que la durée du mandat présidentiel a été portée à 7 ans.
– Marie-Roger BILOA est intervenue ce 8 juillet sur France 24 dans « On va plus loin avec… » à 20h30 et interviendra de nouveau sur FR24 le 12 juillet à 20h30…
– Toutes nos Félicitations à notre ami Patrick SEVAISTRE qui vient d’être élu à l’Académie des Sciences d’Outre Mer!
Adjaratou AIDARA NDIAYE vient de publier au Sénégal un article remarqué sur le rôle irremplaçable joué par les « FEMMES SENTINELLES » en Afrique intitulé « le Savoir a t’il un genre ? »
– Caroline ROUSSY vient de sortir ce 1er juillet un nouvel ouvrage dans la collection « PÉPITES JAUNES » lancée par ELGAS intitulé « Essai sur les Frontières Africaines ».
A noter deux essais figurant déjà dans cette collection écrites par deux membres du GIAF: « Les bons ressentiments- essai sur le malaise post colonial » d’ELGAS et « Enterrer Sankara – essai sur les économies africaines de Joël Té- Léssia ASSOKO ( dont je vous ai déjà fortement recommandé la lecture en lien avec nos conclusions de Cotonou.)
– TROIS DÉJEUNERS D’ÉCHANGES GIAF très intéressants ont eu lieu à PARIS réunissants, Pap NGOM, Kako NUBUPKO, Enéas GAKUSI, Marie- Roger BILOA, Malick DIAWARA, Patrick SEVAISTRE, Jean- Patrice POIRIER, Joël ASSOKO, Jean-François AKANDJI -KOMBÉ, Olivier SIEBER, Laurence DO REGO, Fouad CHEHADI, Pascal PEYROU.
Un déjeuner de l’ANTENNE GIAF SÉNÉGAL s’est également tenu à Dakar le samedi 20 juin en présence de Saliou NDIAYE, Lamine LOUM, Aminata NDIAYE, Talla NIANG, Pr Adjaratou AIDARA NDIAYE, Bassirou SARR, Pascal PEYROU. Etait également présent notre cher partenaire de WATHI, Gilles YABI. Cette réunion, ainsi qu’un déjeuner avec André SONKO membre fondateur ont nourri l’échange sur le Sénégal reproduit ci-dessus au point A .
F– NOUVEAUX DÉVELOPPEMENTS EN COURS
– GÉOGRAPHIQUE: lors d’un déplacement au KENYA avec ASPEN FRANCE qui était invité par une nouvelle structure indépendante récemment créée au Kenya –ASPEN INITIATIVE NAIROBI – j’ai noué quelques contacts, par le biais de Laurence DO REGO notamment avec Sheila MMBIJJIVE ancienne administratrice de ETI et Vice Gouverneur de la Banque Centrale du Kenya.
L’idée de créer une ANTENNE GIAF au KENYA, (pays bien intéressant comme décrit plus haut par Paul DERREUMAUX) lui a paru vraiment opportune et elle a gentiment proposé de nous aider à organiser cela en réunissant à notre prochain passage un certain nombre de personnalités pour un dîner d’échanges sur le sujet.
Joël BERTRAND qui est coutumier du Kenya où il possède une maison se propose d’entretenir ce contact pour aller plus loin dans le projet. L‘intérêt des kenyans à développer des relations transversales avec l’Afrique de l’Ouest, est réel comme j’ai pu le constater sur place et également en synergie avec le développement de la relation Nord /Sud avec Aspen France .
– THÉMATIQUE: suite à un brillant déjeuner géopolitique Aspen sur « Les métaux critiques au coeur des tensions géopolitiques » un contact a été noué avec Moez AJMI responsable des activités minières d’EY (ancien Ersnt and Young) dans le secteur de l’industrie extractive à l’international, notamment en Afrique.
Moez AJMI, expert mondial dans son domaine, considère la démarche GIAf en Afrique, comme très intéressante et qu’ on pourrait imaginer un partenariat GIAF/ EY pour monter une conférence sur le sujet des métaux rares en Afrique ( sujet important et mal connu). A suivre…